Dans la famille des mots à la mode, utilisés à toutes les sauces, le lâcher-prise est sans doute l’un des plus courants ces dernières années. Il fait l’objet de centaines d’articles, de plusieurs dizaines de livres, et est présenté comme le but ultime à atteindre. Sans doute même un peu trop : se mettre autant de pression pour lâcher-prise, ça frise le paradoxe !

Il se peut toutefois que ce soit quelque chose dont vous avez besoin, et avant de travailler dessus, il nous semble nécessaire de bien comprendre ce que c’est. En commençant par ce que ce n’est pas.

Lâcher-prise, ce n’est pas se relaxer

Certes, ça peut aider, mais assimiler le lâcher-prise à la relaxation reviendrait à réduire les vacances au remplissage du coffre. Se relaxer est utile pour relâcher son esprit, afin de le faire évoluer, et est l’une des clefs possibles. L’inverse est aussi vrai :  réussir à lâcher-prise amène souvent à plus de détente physique.

Lâcher-prise, ce n’est pas abandonner

La construction du mot par elle-même porte à confusion : on s’imagine suspendu au-dessus du vide, ouvrant ses doigts pour se laisser tomber, sans autre solution. On pourrait y voir un synonyme de “baisser les bras”, avec toute la connotation négative que ça implique. Au contraire, le lâcher-prise est un état d’esprit véritablement positif, qui ouvre le champs des possibilités.

Lâcher-prise, ce n’est pas être trop gentil

Soyons clairs : celui qui ne sait pas dire non et qui se fait marcher sur les pieds par crainte de vexer ou déplaire est dans un état d’esprit à l’opposé du lâcher-prise. Dire oui par principe, pour faire plaisir aux autres ou se faire bien voir sans autre motivation induit justement qu’on porte bien trop d’attention aux autres et pas assez à soi.

Lâcher-prise, ce n’est pas être faible

Prenons un exemple concret : dans certains sports de combat, quand vous êtes tenu par votre adversaire, plus vous vous acharnez à vous débattre, à tenir bon, à rester en lutte, et plus son emprise sur vous va se reserrer. Si au contraire vous vous détendez, devenez un poids mort, non seulement vous serez plus lourd, et en prime vous aurez l’esprit assez libre pour repérer la moindre faille et en profiter pour vous échapper. En lâchant prise, vous devenez plus fort et plus alerte.

Lâcher-prise, c’est accepter

Passons maintenant à ce qu’est le lâcher-prise. En premier lieu, il s’agit d’accepter une situation, dans le sens de prendre note de son existence en l’état. Accepter, ne n’est pas  forcément être d’accord avec, mais la reconnaître comme telle, afin de pouvoir mieux la cerner et la gérer si on le souhaite. C’est parfois aussi accepter que votre réaction-reflexe n’est pas forcément la plus adaptée. En acceptant une situation, en cessant de refuser qu’elle existe en tant que telle, vous lâchez prise et êtes apte à trouver une solution. Vous vous exposez également moins de cette façon aux attaques venant des autres. Vous remarquerez que les personnes qui acceptent leurs défauts, leurs limites, de ne pas plaire à tout le monde, et qui lâchent prise sur ces points sont rarement les cibles de moqueries et pour cause : s’ils ne sont pas touchés par les critiques qui les visent, ils sont moins intéressants à attaquer.

Note : on entend de plus en plus également parler de résiliance comme un synonyme de lâcher-prise, puisqu’il s’agit aussi d’une forme d’acceptation, mais d’un traumatisme passé. Gare à la méprise ! 

Lâcher-prise, c’est avoir l’esprit ouvert

Ce n’est pas une surprise, en restant borné et bloqué avec ses principes, on n’arrive rarement à résoudre des situations compliquées. En tenant bon à tout prix, on referme un peu plus ses oeillères et on ne laisse pas son cerveau envisager toutes les pistes. Lâcher-prise, c’est accepter et offrir un champ plus large à sa reflexion, sans se mettre de limites, et en gardant le calme nécessaire. Lorsque l’on dit que la nuit porte conseil, c’est bien souvent pour cette raison :  en dormant, ou en étant dans un demi-sommeil, on lâche prise sans s’en rendre compte, et on est alors capable d’élargir le spectre des possibilités.

Exercice pratique

Pour mieux visualiser le lâcher-prise avec un parallèle physique, faites cette expérience avec une autre personne, en échangeant vos rôles ensuite.

L’un de vous deux s’asseoit sur une chaise et se détend, les mains posées sur les cuisses. L’autre attrape l’un des bras de la personne qui est assise et doit la lever, puis la relâcher.

Pour la personne assise, l’objectif est d’accepter que quelqu’un va prendre entièrement le contrôle de son bras et ne pas du tout accompagner le geste : ni en aidant à lever son bras, ni en retenant son bras dans sa chute.
La personne qui lève puis lâche le bras se rendra compte, au fur et à mesure que la personne assise lâchera prise, que le bras se fait de plus en plus lourd à lever.
Répétez cet exercice jusqu’à bien saisir la différence entre un mouvement qu’on accompagne, qu’on retient, et un mouvement qu’on délègue totalement, en étant dans les deux positions.

Photo de Cristina Gottardi 

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