Interview d'expert : Dr Sankar, docteur en médecine ayurvédique

Le docteur Sankaranarayanan KP (alias Dr Sankar) dirige la clinique Ayurtoday située dans le Kerala au sud de l’Inde. Il est issu de la 5ème génération de médecin traditionnel ayurvédique dans sa famille.

Depuis plusieurs années, il vient enseigner l’Ayurveda en France et en Europe lors de stages de plusieurs jours.

Découvrir son site web : Ayurtoday

Peux-tu, en quelques phrases, décrire ce qu’est l’Ayurveda et la vision que tu en as ?
L’Ayurveda aide les gens à vivre en harmonie avec la nature, sa méthode préventive et curative utilisant des plantes, des minéraux et des métaux.

Comment en es-tu venu à vouloir en faire ton métier ?
Comme je suis originaire d’une famille ayurvédique traditionnelle, cela a créé une affinité pour l’ayurveda, mais en même temps, quand j’étais ado, je m’intéressais plus aux ordinateurs et au monde matériel. Plus tard, lorsque j’ai commencé à pratiquer l’ayurveda, cela a complètement changé ma vision de moi et des autres.
Entendre un patient dire merci parce qu’il est sorti de son agonie et voir le sourire qui venir sur son visage, ça me rend plus heureux.

L’Ayurveda est souvent utilisé de manière commerciale, notamment au niveau alimentaire ou pour les produits de soin. Que penses-tu de ces produits? Est-ce qu’ils nuisent à la science de l’Ayurveda ou, au contraire, sont-ils un moyen d’attirer la curiosité des gens à ce sujet?
S’ils sont scientifiquement réalisés selon les principes ayurvédiques, ça ne pose pas de problème. Mais le simple fait d’utiliser une herbe ne signifie pas que c’est ayurvédique. Quand, comment et dans quelle situation l’utiliser, ça c’est de l’ayurveda.

En France et en Europe, l’utilisation des médecines traditionnelles reste marginale et est très souvent remise en cause par le monde de la médecine allopathique. Qu’en est-il en Inde?
En Inde aussi, mais comme c’est le berceau de l’Ayurveda et du yoga, c’est mieux accepté,  même s’il reste des défis.

Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite intégrer les principes de l’Ayurveda dans sa vie quotidienne?
C’est très important d’intégrer ces principes, mais il n’est pas nécessaire d’inclure toutes les règles d’un coup, essayez plutôt de les introduire une à une. Vous avez même la liberté de changer ces règles en fonction de la situation dans laquelle vous vous trouvez, si ces changements ne violent pas les principes fondamentaux de l’Ayurveda.

Comment quelqu’un peut-il reconnaître un bon praticien de médecine ayurvédique selon toi?
C’est assez difficile. Si un docteur ayurvédique est capable d’expliquer votre situation et les principes ayurvédiques dans un langage courant, vous pouvez en déduire qu’il est plus authentique et bien informé. Si ce n’est pas le cas, on peut penser qu’il n’a pas tout intégré correctement.

Tu viens en Europe pour enseigner depuis plusieurs années maintenant. Vois-tu une évolution  de l’ouverture d’esprit des Européens sur l’Ayurveda ?
Oui, il y a une grande évolution qui se produit non seulement en France, mais en Europe, aux États-Unis et dans le monde entier. Une fois que les gens voient la vertu du système, ils sont plus ouverts personnellement, même si juridiquement ce n’est pas la même chose.

Que dirais-tu à quelqu’un qui est septique à l’Ayurveda, qui aurait peur d’être traité par ses principes, ou qui rejetterait par principe ce qui ne fait pas partie de la médecine allopathique?
Il est préférable qu’ils gardent leurs principes et de ne pas les forcer de quelque façon que ce soit, car l’ayurveda croit au traitement de l’esprit et du corps.
Mais ce qui est étrange, c’est que certaines personnes qui mangent ou font beaucoup de choses qu’ils savent sûrement dangereuses, comme le tabagisme et l’alcool, sont assez réticentes à prendre des médicaments ayurvédiques, qui sont pourtant plus naturels !

Tu pratiques régulièrement la méditation: à quelles fins?
Je fais de la méditation assez régulièrement, surtout pour analyser ma respiration et  mes conditions physiques, physiologiques, mentales.

Ces dernières années, la méditation et ses bienfaits sont de plus en plus reconnus en Occident, grâce à des études qui ont montré ses effets positifs sur le cerveau et le vieillissement, plus que sur ses vertus spirituelles. Nous parlons même de les faire aller aux enfants indisciplinés plutôt que de les punir. Que penses-tu de cette évolution, toi qui viens d’un pays où c’est ancré dans les mœurs depuis toujours?
Oui, les effets de la méditation sont plus subtils et plus profonds que juste l’effet de relaxation, si nous le faisons correctement et avec dévouement depuis longtemps. Cela peut certainement être aussi bénéfique pour les enfants.
Mais au sujet de l’indiscipline, c’est aux parents et à la société de jouer un rôle important, ce n’est pas le problème des enfants. Donc, se contenter d’introduire la méditation, c’est comme traiter uniquement un symptôme. Il reste beaucoup de devoirs à la maison pour les parents et la société ! Plus encore, lorsque nous introduisons quelque chose aux enfants, cela devrait prendre la forme d’un jeu au lieu de les forcer. Quand ils sont plus grands, on peut alors leur expliquer les autres avantages de la méditation.

Penses-tu qu’il est possible de pratiquer l’Ayurveda avec les ressources disponibles en Europe? Seront-elles aussi efficaces que ceux trouvés en Inde?
Définitivement. Pour le moment, il est possible que nous devions importer certains médicaments, mais avec le temps, une fois que nous aurons transféré les concepts aux ressources disponibles en Europe avec des équivalences, oui, certainement! Pourquoi pas?

Que penses-tu qu’il faille faire pour que l’Ayurveda soit plus largement accepté et pratiqué en Europe?
Nous devrions d’abord commencer à parler des routines quotidiennes, qui sont simples à adopter, en comparaison avec le fait de prendre un médicament ou un traitement. Puis petit à petit, quand elles commenceront à porter leurs fruits, nous pourrons convaincre sur les autres points. 

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